Pardonner, ce n’est pas excuser l’autre…
c’est se libérer de ce qui nous retient
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« Résilience » : L’Alchimie de Mon Chemin
La blessure qu’on ne voit pas : quand l’amitié devient un vide
Je croyais avoir tourné la page. Je pensais avoir fait la paix avec cette rupture-là, celle que je n’avais pas choisie. L’éloignement d’Eléna avait laissé un vide, bien sûr, mais je l’avais enveloppé de silence, de raisons pratiques, d’une forme de compréhension… en surface.
Et pourtant, des années après, ce vide vibrait encore. Un jeudi du mois de juillet, sans prévenir, elle a envoyé un message. Juste quelques mots. Mais ils ont déclenché une secousse intérieure. Pas de colère. Pas de joie. Plutôt une remontée soudaine de tout ce qui n’avait jamais été dit. C’est là que j’ai compris : certaines blessures ne hurlent pas. Elles dorment. Jusqu’au jour où un mot, un souvenir, un geste réveille la mémoire du cœur.
La dissociation inattendue : quand le corps révèle ce que l’esprit a caché
5 ans avant ce message, j’avais vécu un épisode étrange : une dissociation. Une perte de sensations. Comme si le froid s’était installé dans mon ventre, lentement, insidieusement. J’avais cherché des explications. J’avais cru que cela venait d’ailleurs, d’un événement plus récent, plus visible.
Mais en écoutant à nouveau le message d’Eléna, en le partageant à Dorian, le puzzle s’est formé sans effort. Ce n’était pas Elian. Ce n’était pas une peur actuelle. C’était l’abandon d’Eléna. Un lien intime, essentiel, qui s’était rompu sans mots, sans réparation, et qui m’avait laissée en suspens, sans même que je m’en rende compte.

Le déclic : quand on comprend qu’on n’a plus besoin de l’autre pour se libérer
Le dimanche suivant, tout a changé. Pas dans les faits, mais dans mon ressenti. Ce n’était pas une réaction émotive. C’était une évidence intérieure. Il était temps. Pas de réactiver l’amitié, pas de combler le passé, mais de fermer consciemment la boucle ouverte.
Je lui ai répondu. Nous avons parlé. Longtemps. Et dans cet échange, j’ai compris que le pardon ne passait pas forcément par la réparation. Il passe par l’acceptation du réel. De ce qui a été, de ce qui n’a pas été. J’ai cessé d’attendre un retour, une explication, une validation. J’ai décidé de me libérer. Pour moi. Pour ma paix.
Le vrai pardon : un acte intérieur, silencieux, sans spectateur
Pardonner, ce n’est pas minimiser ce qu’on a vécu. Ce n’est pas dire que l’autre avait raison. C’est reprendre le pouvoir sur sa propre énergie. C’est retirer le poison sans avoir besoin que l’autre le reconnaisse. C’est retrouver son axe sans condition.
Ce jour-là, j’ai senti un bouchon sauter. Comme si quelque chose s’ouvrait dans ma poitrine, dans ma conscience. Je n’avais plus besoin d’explication. Je n’avais plus besoin qu’elle revienne. Le lien avait été réel. L’amour aussi. Mais la saison était terminée. Et il était temps de rendre à la Terre tout ce que j’avais retenu.
Le deuil invisible : dire au revoir sans bruit
Ce chapitre n’a pas de grand retournement. Il n’y a pas de scène de retrouvailles, de déclaration ou d’effusion. Il y a juste un moment doux, profond, silencieux. Un adieu énergétique, celui qu’on offre à l’intérieur de soi, sans témoin.
C’est ce deuil-là qu’on ne sait pas toujours nommer : celui des amitiés perdues, des liens interrompus, des absences non expliquées. Et pourtant, ce sont parfois ces douleurs silencieuses qui ferment notre cœur à d’autres.
En acceptant de laisser partir Eléna, j’ai rouvert une porte en moi. Non pas pour qu’elle revienne, mais pour que je puisse avancer, allégée.
Depuis, nous sommes restées en contact, d’une manière nouvelle. Une présence choisie, paisible, respectueuse. Il n’y a plus l’élan d’avant, mais il y a l’essentiel : la reconnaissance mutuelle, l’entraide quand cela compte, la simplicité d’un lien allégé des attentes.
Ce n’est pas comme avant, non. C’est autre chose. Quelque chose de vrai, de libre… et de juste.
Et après…
Mais alors… comment reconnaître les blessures qui dorment encore en nous ?
Comment savoir si l’on a réellement pardonné ou simplement oublié ?
Et surtout… comment transformer ce silence en acte de guérison, sans avoir besoin de réactiver le passé ?
👉 Rendez-vous dans la prochaine partie : Résilience – Analyse Chapitre 12 – Le deuil doux
Avec lumière et sagesse,
© Sandrine Lumière
Révélatrice d’identité et Auteure
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